Ane Poème Pere Batisse Galerie 21

Un méssage très touchant !

Et voilà ce que nous avons reçu aujourd’hui !

Un petit message à sa façon, une parole de circonstance !

« Le petit de la crèche avait beaucoup plus besoin de chaleur que de discours !

C’est encore vrai aujourd’hui… »

Noël d’un âne

 

Je ne comprends pas bien ce qui m’est arrivé…
Jusque-là, j’avais honte en me voyant privé de beauté, de talent.
Je me sentais comique, sale, malodorant, laid, vulgaire, bourrique.
Je jalousais souvent la race des purs sangs,
La grace de la biche, en entendant le chant du rossignol, je sais combien je porte à rire.
On met un bonnet d’âne au mauvais écolier : c’est le meilleur moyen de les humiliers !
On élie des chevaux pour tirer un carosse; moi, je suis trop balourd pour paraitre à la noce !
Et puis, je suis têtu, « comme un âne », dit-on.
Je m’avance, il est vrai, qu’à grands coups de bâtons.
Parmi les animaux, beaucoup ont eu leur culte; moi, mon nom n’est lancé que pour servir d’insulte. Non, je ne comprends pas ce qui m’est arrivé…
Un soir d’hiver, fourbu, mon travail achevé, je gagnais l’écurie, esseulé, le coeur vide.
Après une journée harassante, insipide, affalé dans la paille, attaché dans la nuit, j’allais dans mon sommeil échapper à l’ennui.
À la loi de la vie : obéit, marche ou crève !
Mais ce soir là j’ai cru que je faisais un rêve…
Et pourtant j’en  suis sur :
j’ai vu distinctement un jeune couple entrer sans bruit, discrètement.
Deux pauvres vagabonds, des gens de la piétaille…
Il l’a fait allonger, près de moi, sur la paille.
Comment imaginer sourire plus charmant

Et visage plus beau !
La future maman, sur le point d’accoucher, était « pleine de grâce » !
Je me serrais, confus, pour lui faire une place.
Là, le bambin est né dans un vagissement.
Je partageais leur joie et leur ravissement.
Moi, cet Enfant tout nu, ça me donnait une « âme » !
Que dire de gentil à la petite Dame ?
À mi -souffle, gêné, j’ai voulu m’excuser.
Et ce fut un miracle ! Étonné, médusé,
J’ai vu que mon haleine apportait quelque chose :
Le bébé souriait, il devenait tout rose.
Alors j’ai réfléchi : gonflant fort mes poumons, de tout mon coeur, j’ai donné ma chaleur au poupon. J’en étais tout heureux, moi, l’âne malhabile, je servais à quelqu’un, je me sentais utile !
Mais je ne compris pas tout ce qui arrivait :

Dehors, une musique et des chants !
Je rêvais !
Peut-être un peu trop fier de mon humble service,

Étais-je pris d’orgueil ?
Encore un nouveau vice !
Pourtant j’entendais bien; jamais rien d’aussi beau :
« Un sauveur nous est né ! Gloire au seigneur très haut ! Paix sur la terre à tous ! Car il aime les hommes ! »
Ahuri, j’étais là, pauvre bête de somme ne faisant que souffler sur un gosse inconnu ; Des anges claironnaient qu’il s’appelait Jésus !
J’aurais voulu prier, mais j’avais peur de braire.
J’étais le figurant d’un jour pas ordinaire;
J’avais sous mon naseau l’Emmanuel des cieux !
Le souffle d’un pauvre âne avait réchauffé Dieu !
Sans l’avoir fait exprès,  sans en être la cause.
Piteux et maladroit, j’avais fait quelque chose.
Ose, mon frère humain, même si tu n’as rien,
rien qu’un peu de chaleur, donne-la : Jésus vient !

Père Batisse.

 

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