Connexion Client
Mot de passe perdu
Quelques œuvres au hasard …

Lagnieu Hélène

  /  Lagnieu Hélène
Lagnieu Helene Galerie 21

BIOGRAPHIE :

Hélène LAGNIEU est née en 1957 dans l’Ain (France) Son milieu extérieur: boucherie, neige, nature, milieu rural. Son milieu intérieur: créativité, rêves, romantisme, solitude, incompréhension , décalage. L’artiste selon ses mots, dit s’être réveillée de son engourdissement suite à un heureux déménagement dans un atelier à Lyon, ville ou elle s’est sentie immédiatement en harmonie. Autodidacte, elle développe une narration de l’étrange et du fantastique dans une voie solitaire hors des écoles et des regroupements. Sa démarche artistique est de se laisser guider par l’état du moment présent et évolue en fonction de ses nourritures  et de ses émotions. Son travail évoque le lien entre l’humain, l’animal et le végétal et tente d’exprimer l’alliage savant de cette incroyable magie du vivant. Son univers est complexe peuplé d’une profusion d êtres hybrides qui souvent accompagnent un personnage principal frontal. Techniques utilisées encres, crayon sur papier ou acrylique sur toiles, approche de la gravure.

Elle semble attirée par les femmes dotées de pouvoirs ….. Pouvoirs terrestres, naturels ou transcendants;  Cela fait écho à une iconographie mythologique ainsi re visitée par ses propres filtres conscients et inconscients. déesses, les vierges, reines, créatures puissantes , merveilleuses de beauté, de force et de fragilité sont souvent le sujet principal. Ses influences sont la symbolique, la nature, les mythes. Longtemps attirée par des artistes tourmentés tels Egon Schiele, Goya, Joel Peter Witkin, Lautréamont, elle est aujourd’hui attirée par les représentations religieuses,et les figures mythiques.

SES ŒUVRES :

Ce qu’elle nous inspire :

L’oeuvre, et plus spécifiquement l’oeuvre peint, paraît inspiré par l’affolant produit de l’invraisemblable rencontre de Hiéronymus Bosch avec Salvador Dali. Avec, pour compliquer la filiation, une sorte d’aura de l’art sacré tel que le pratiquaient Hubertus et Jan Van Eyck, par exemple. Et, ce travail de décortication, de démembrement et d’introspection semble réellement s’épaissir d’une étonnante, d’une déconcertante dimension sacrée. Mais un sacré dégagé de l’idée de religion, propulsé dans la quête du mythe, à la fois à la source mais aussi à l’intérieur des choses et dans le ventre ouvert des corps. Où se trouve l’âme ? semble se demander celle qui situe sa naissance sur l’étal d’une boucherie, entre couteaux et viscères. Elle mène donc une quête mixte avec pour graal un principe, une essence, quelque chose de transcendant et pour moyens, outre le métier et les façons du charcutier, un talent subtil, un art raffiné de la couleur, un génie du trait, une audace qui s’accommode des paradoxes, une inventivité étrange et une bagage culturel important. Ici, dans l’épatant univers d’Hélène Lagnieu, parmi de somptueux vestiges du Moyen Âge, pas très loin des potences de Villon, des tables de dissection d’André Vésale et des chevalets des frères Van Eyck, on sent, dans des brumes fantastiques et anachroniques, rôder les innommables créatures de Howard Philip Lovecraft, battre des ailes les fantômes et le terrible Corbeau d’Edgar Allan Poe, on entend voleter dans un ballet très contemporain des anges et des mouches, ramper les plus effarants bestiaires mythologiques, on entend hurler et rire Vian, on voit se côtoyer dans le plus effarant rapprochement le sang, les chairs déchirées, les viscères, la beauté et la grâce, et on voit se lever un des univers poétiques les plus époustouflants qu’il m’ait été donné d’admirer. Ici, l’obscène a droit à la scène, l’ignoble touche le noble, le violent effleure le délicat, le passé vit dans et avec le présent, le mécanique et le métaphysique, le médité et l’insensé jouent de concert et tout cela opère ensemble et bâtit une œuvre colossale. Peut-être la plus saisissante synthèse poétique de la destinée humaine. Dans cette œuvre exubérante, exorbitante, abracadabrante, j’avais quelquefois l’hallucinante, l’extraordinaire impression d’entrevoir les mains d’une âme se palpant elle-même. Hâtez-vous de découvrir cette artiste, ce sommet hors catégorie.

Denys-Louis Colaux /decembre 2013

ON PARLE D'ELLE :

Les peintures d’Hélène Lagnieu

C’est une surprise, un voyage envoûtant dans les dimensions multiples du temps et de l’évolution.

La femme est au cœur de la toile ; icône déchue, génitrice et régénératrice. Ses organes sont à fleur de peau, pulpeuses méduses, chapelets charnus, mutations amorcées, grosseurs inquiétantes, enfantements multiples… Elle est là : solide, lucide… seule mais immense.

Elle incarne la permanence, l’élégance blessée, les silences béants, la chair vulnérable. L‘inconscient rôde.

Son regard transparent n’est pas vide, il voit plus loin, au delà de notre densité terrienne.Sa peau diaphane contient les mystères.

Elle est la gardienne d’un bestiaire polymorphe venu de ses entrailles ou d’une autre puissance créatrice…. On devine des museaux étranges, des carapaces molles. des becs tendus vers le mystère biologique.

Des hasards merveilleux fabriquent d’autres hypothèses, des embryons virevoltent en attendant d’éclore. Des estuaires placentaires irradient de rouge les corps fragiles des créatures menues.

Ce petit peuple tyrannique et doux, enveloppe la femme, connaît sa bienveillance, grignote son espace, espère sa protection, distrait son immobilité.

Des bifurcations inattendues transforment les espèces en divines monstruosités.

Les autres possibles de la création sont entrevus.

On entre dans une extraordinaire créativité.

La toile étale une genèse complexe.

C’est le laboratoire de nos rêves, la vie des non dits et des non sus.

Il n’y a plus d’époque, juste un lien entre l’ancien et l’avenir, entre l’embryonnaire et l’abouti.

Le cadrage serré abolit le lointain, anéantit le contexte.

La matière râpeuse se prend pour de la dentelle.

La toile ressemble à une fresque pariétale, antique, immuable.

Un peu plus loin, sous des cloches de verre, de minuscules crânes disséqués osent une poésie délicate, avec leurs ailes de papier de soie et leurs laitances vaporeuses. Des œufs aériens dorment en nombre.

On dirait les objets d’un culte oublié, des chimères sacrées.

Leur légèreté pétrifiée connecte à tous les âges

On est en présence d’une splendeur troublante, d’une profusion vibrante.

Le spectateur a le choix, l’effroi et la fuite, ou le consentement ébahi à ce monde généreux, fantasmatique, plus vaste que le nôtre.

Emmanuelle GRAND

L’ETRE ET SON NEANT/ 2011

Entrer en immersion.

Tout tremble, chuinte d’inassouvi.

Résurgence d’une réalité sinon sauvage du moins première.

Fantôme que fantôme ?

Nous peut-être… Sans doute même.

Le monstre gonfle par vibration étrange.

Erection et ouverture.

Des masses hybrides activent l’imaginaire.

Ce qui était enseveli, immergé prend une nouvelle dimension.

Devient une zone de potentialité.

Figuration et non figuration :

Tout concourt à excepter l’évidence directe

Pour d’autres visions plus denses et expressives

au sein d’une « corporéité » particulière, alchimique.

L’œuvre est de l’ordre de la célébration

Mais dans une situation contradictoire.

Il n’y pas le monde et son absence

Mais le monde et son envers.

Rien ici n’est cousu de fil blanc.

Hélène Lagnieu sait que les enfants ne naissent pas dans les choux

Mais par un enfantement chaotique.

Ce sont les roses de personne,

Des fleurs étranges de l’avalanche tranquille.

Par ses créatures elle apprend qu’il y a mieux et plus que l’apparence.

Il n’est pas interdit de considérer le monstre comme le plus clair de la pensée

Et non comme une métaphore introduite à la sauvette.

L’artiste donne aux 21 grammes d’âme

(son poids officiel selon un cinéaste mexicain)

A d’étranges ossatures

En de spectaculaires mises en scène.

Elles permettent de savourer l’absence d’identité

(qui a toujours le goût du remords).

Il faut donc accepter tant que faire se peut la tranquillité de telles « statues » et peintures.

Sans doute font-elles reculer les mystères qu’elles prétendent éclairer.

Mais on a besoin de ces attentats plastiques :

ils provoquent notre propre chute et aussi nos relevailles.

Soudain on se demande comment on en est arrivé là,

Qui et même si on est Et qui sont aussi les coupables de cette erreur ?

Les compositions sont à la fois fermées et ouvertes

Chaque figure s’inclut dans sa forme sans véritablement la rencontrer.

Existe l’approche d’un contact sensoriel mais aussi une séparation.

Cela permet l’épanouissement d’un phénomène de pollinisation quasi charnelle.

Le corps n’est plus vécu comme structure unitaire et fermée.

Il s’ouvre à l’univers métaphysique par le monstre qui surgit :

Il devient une forme de « divinité » païenne, âme-inale.

L’artiste crée un contact avec elle par la matière sensible

Et sur le mode de la fascination.

Hélène Lagnieu en fait surgir des substances insaisissables.

Elle les révèle par la sensualité même du geste :

Elle ne cherche pas le fantastique mais le vertige de la pure émergence.

Peinture et sculpture sont des effluves physiques, des chairs spirituelles

Des matières de notre émotion et de sa pulsation la plus sourde.

Surgissent un champ de forces, un théâtre magnétique.

Ce dernier nous traverse sans que nous le sachions vraiment.

Tant l’œuvre dit l’innommable

Du le centre jamais atteint puisque invraisemblable de l’être.

Nous n’atteignons que ses limbes,

Ses amoncellement de nulle part que le monde évite de connaître.

Nous devenons en conséquence comme les « personnages » créés par l’artiste.

Certains peuvent se demander si ce n’est le moyen de se libérer de l’affliction

et de l’inflexion de la fécondité.

Se révèle à notre conscience sa propre incertitude.

Le reste – si reste il y a – possède l’épaisseur d’une hallucination,

d’une locution proverbiale.

Il n’existe plus d’identité sinon très, trop relative.

Il faut faire avec. Et vivre sans vérité.

Jean-Paul Gavard-Perret .

QUELQUES LIEUX D’EXPOSITIONS :

  • Lyon
  • Paris
  • Montpellier
  • Servies en Val
  • Marseille
  • Le Mans
  • Caen
  • Suisse
  • Toulouse
  • Balma
  • Pibrac

Artiste Permanent de la Galerie 21

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com