Utrel Françoise

Biographie:

Dans le parcours de Françoise Utrel, qui a commencé par des études en histoire de l’art, avant d’apprendre la technique dans les ateliers de Françoise Naudet, Virgilio et Philippe Pradalié, on lit le double souci de comprendre, d’apprendre des maîtres anciens, puis de maîtriser totalement les outils et les techniques de réalisation. Ce que beaucoup d’établissements des Beaux Arts en France n’apprennent plus, cerains artistes, en contradiction avec la doxa contemporaine, vont le chercher ailleurs, et Françoise Utrel n’est certainement pas la seule dans ce cas.
Par cette démarche, les artistes qui ont su faire leur propre chemin nous livrent des œuvres qui n’appartiennent qu’à eux, à la fois très contemporaines et très savantes dans leur élaboration, mais classiques dans leur réalisation.
Le travail récent que Françoise Utrel nous confie pour cette exposition se présente sous deux formes : « Paysages ambigus » consiste en une série d’installations in situ, de lignes et de motifs rouges appliquées sur la pierre. Puis un ensemble de tableaux réunis sous le titre « Lignes rouges », dont le motif est très proche des installations de « Paysages ambigus », puisqu’il représente des lignes rouges sur fond minéral.

Réalisées dans les gorges sauvages du Tolerme, dans le Lot, ces installations n’ont pas vocation à la pérennité. Elles vont disparaître peu à peu avec le temps. La trace photographique est l’oeuvre qui, elle, perdurera, comme le faisaient Christo et Jeanne Claude pour leurs installations. Mais comme dans toute installation in situ, c’est aussi le partage avec les spectateurs qui fera de cette œuvre un moment particulier, où l’artiste aura invité chacun à reconsidérer le paysage, à le voir autrement, et à resituer son propre corps dans ce paysage. La ligne rouge qui suit parfois les anfractuosités, et qui parfois dessine un motif totalement artificiel sur la pierre, est livrée à chacun, selon son horizon d’attente. Alors que pour certains, rétifs à l’art contemporain, ou partisans d’une ligne de partage infranchissable entre nature et culture, l’art doit rester dans son cadre conventionnel, d’autres au contraire comprendront le travail de Françoise Utrel à la lumière d’autres œuvres in situ, d’autres artistes, qui ont avant elle marqué l’intervention de l’art dans la nature, ce qui, de fait, est le cas depuis que les hommes se sont organisés en société : ce besoin de laisser une trace sur les parois lithiques, sur le végétal, ne s’est jamais démenti, fragile trace de passage, message pour ceux qui après nous vivront, interrogation sur un ailleurs que certains appellent sacré et que d’autres cherchent encore à nommer.
Dès lors, ces interventions de Françoise Utrel sur la pierre peuvent être vues, lues, ressenties, vécues même par chacun comme une inscription discrète, parce que vouée à disparaître, qui n’en évoque pas moins la présence paradoxale de l’organique, du sang, sur ce qui lui en est le plus éloigné, le matériau minéral, dont on pense spontanément qu’il est intangible, éternel. Ligne rouge, qui va fouiller dans les interstices de la roche, comme une blessure, ou comme ces représentations graphiques de suivi monitoring, ou de statistiques, et qui manifestent, au minimum, d’une présence, voire davantage, de la vocation de l’artiste à marquer son rapport au monde. Cette ligne rouge éphémère sur la roche nous renvoie tout autant à notre fragilité qu’à notre pouvoir toujours présent, virtuel mais réel, d’affirmer la place irréductible de chaque être sur terre, son pouvoir de se réinventer, au-delà de l’immobilité et de la permanence.

Les tableaux réunis dans la série « Ligne rouge » sont en fait à l’origine des « Paysages ambigus », et non le contraire. Mais certainement peut-on dire que les deux fonctionnent ensemble de façon sythétique, dans un rapport dialectique.
Là encore, on sera sensible à la force d’évocation patente de ces tableaux, d’autant plus forte qu’elle n’énonce rien comme une évidence. Il y a des surfaces qui se rapprochent, se chevauchent, s’entrecroisent, avec une certaine sensualité, et puis il y a cette ligne de partage, tantôt à nue, tantôt soulignée d’un trait rouge. Ce fameux trait rouge qui focalise le regard dans un premier temps, comme un signal d’alerte, puis qui permet ensuite, dans un second temps, de laisser aller le regard vers la douceur des formes, la calme apparence du minéral. Là encore, la dimension organique du trait rouge ne pourra échapper à personne : sang, menstrue, blessure, vie surtout. Le rouge, couleur par excellence, couleur de la noblesse à la renaissance, et toujours de la noblesse d’église, couleur encore de la vie et de son absence, par la violence et le meurtre, tient ici toute sa place, en majesté pourrait-on dire, comme si ces deux séries avaient eu pour objet de le mettre en évidence.

 

L’artiste Françoise Utrel est arrivée à Mayrinhac-Lentour il y a près de cinq ans. Cet été, elle expose à l’espace Orlando à Saint-Jean-Lespinasse. Nous l’avons rencontrée.

Comment vous définiriez-vous ?

Comme une artiste peintre-plasticienne. J’ai toujours peint et depuis quelques années, je réalise des installations dans l’espace. À Paris, j’ai fréquenté les ateliers de peinture de nombreux artistes et appris l’histoire de l’art à l’université. À 26 ans, la peinture s’est définitivement imposée à moi.

Quelle technique utilisez-vous pour réaliser vos œuvres ? Y a-t-il un peintre qui vous a particulièrement inspirée ?

La peinture à l’huile. J’ai été troublée par le silence, l’immobilité, l’intériorité de la peinture de Piero della Francesca, un artiste italien du XVe

Y a-t-il eu une évolution dans votre manière de peindre ?

Au cours des années 2000, j’ai réalisé une grande série sur les jardins. Je voulais représenter ce qui me fascinait dans le jardin, les couleurs et leur rapport à la lumière, le secret du fond du jardin, la déambulation… La série suivante est née d’une forme, celle d’un fuseau, issue d’une déchirure infligée à une toile. Elle est devenue le matériau constitutif de mon travail actuel. En 2009, je suis arrivée à Mayrinhac-Lentour. C’était la première fois que je vivais à la campagne et je me suis sentie un peu comme sur une île émergeant dans un grand espace. Cette forme a évolué vers l’idée de l’émergence. Ainsi sont apparues des «émergences» toutes marquées par une forte détermination à l’intérieur d’un grand silence dans un rapport tendu entre fragilité et puissance. Je travaille actuellement sur une nouvelle série, «Lignes de rupture», où se retrouve cette forme placée dans un contexte de violence, celui d’un univers minéral parcouru de fractures tectoniques.

Françoise Utrel a déjà exposé en Italie, Slovénie, Russie, au château de Villandry, au musée de Gaillac…

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