Samson-Disses Denise

samson disses galerie 21

Biographie:

Née à Saïgon, de mère vietnamienne et de père français, Denise Samson-Dissès côtoie le monde de l’art
dès son arrivée en France, à l’âge de 8 ans, en compagnie de son père, homme de culture qui l’éduque
seul.
Elle vit toute sa scolarité à Cahors (Lot), berceau familial paternel , mais passe avec son père tous les ans
un mois à Paris où ils visitent musées, galeries, antiquaires et bouquinistes. Ils sont également assidus
des concerts classiques de la capitale et de l’opéra, ce qui explique son amour pour toutes les formes de
l’art.
Néanmoins à l’adolescence,son père s’oppose à ce qu’elle se dirige vers un métier artistique qu’il juge
trop aléatoire pour une jeune fille dont le père est déjà âgé. Effectivement il meurt alors que sa fille
vient juste d’avoir 21 ans. Elle passe le concours de Claude Bernard, sésame à l’époque pour le
professorat de dessin, mais décide de ne pasl’intégrer et de faire plutôt des études dites « sérieuses »:
médecine à la faculté de Toulouse. Elle deviendra rhumatologue et exercera jusqu’à sa retraite à
Bagnères de Bigorre (65), où elle s’est installée avec son mari, médecin comme elle.
Conjointement à ses études médicales, elle avait suivi les cours du soir aux Beaux-Arts de Toulouse
auprès de Raymond Espinasse qui la marque profondément.

« J’ai une admiration profonde pour tous les mouvements artistiques du XX°siècle”, dit-elle aujourd’hui.
“Ils ont bouleversé tous les codes académiques, dans tous les formes d’art d’ailleurs. Si en peinture je revendique mon attachement à l’expressionnisme abstrait des années 50 et post-50, en sculpture deux mouvements m’interpellent: l’abstraction géométrique et l’abstraction lyrique.

Pour la sculpture que Denise travaille passionément elle dit :

« Ici j’incurve ma ligne d’acier d’un geste ample et rapide, véritable paraphe, écrit en caractère caoshu ou cursif chinois, qui s’apparente pour l’amateur d’art moderne à l’abstraction lyrique. Cette ligne métallique, courbée au gré de mon inspiration, est peinte aux couleurs de l’Asie qui m’a vue naître, soit en blanc, couleur du Yang, soit en noir, couleur du Yin, dualité indispensable dans toute pensée chinoise, soit en rouge, couleur porte-bonheur dans toute l’Asie.

En effet Denise Samson est aussi une peintre. 

En peinture, le geste et la couleur ont été prépondérants dans mes oeuvres de “jeunesse”, à la manière de Jackson Pollock ou de Joan Mitchell.

Maisla lecture il y a une douzaine d’années d’un essai (« l’éloge de la fadeur ») de François Julien, philosophe et sinologue, m’a fait revenir à mes sources asiatiques: un espace qui privilégiele vide et le plein, ainsi que la non-couleur… Et l’âge aidant, mes pulsions et mes gestes se sont ralentis jusqu’ à devenir le rien et le silence devant le temps qui passe inexorablement , sans retour…
Ma peinture est plus intériorisée aujourd’hui, elle a même du mal à sortir de moi même pour vous la livrer.

Je fais mienne cette phrase de Benedetto Crocé (1866-1952), homme politique italienmais aussi historien et critique d’art reconnu:

« Il n’y a art à proprement parlé que si la création se continue dans la contemplation.  L’art objective les sentiments ainsi que les idées. L’artiste donne à voir les passions, les élans du coeur. » (Estetica, 1902).

Je vous invite à rentrer dans son univers profond.”