Mondoux Laurette

Biographie:

Née à Saint-Lazare (Montérégie), au Québec

 

Parler de l’artiste c’est parfois oublier que celui-ci raconte une histoire avant tout.
C’est pourquoi Laurette Mondoux ne dévoilera pas son identité civique, mais plutôt celle du cœur.

Elle dessine et peint à la réaction du monde qui l’entoure, elle aborde tous  les sujets : des plus doux, aux plus épineux et les traduit à sa manière.

Une pointe onirique, poétique, mais toujours sur le fil de la vérité.

Ses créations sont autant de petites découvertes à chaque fois, se rapprochant de plus près on découvre un « être » ou un paysage qui nous ramène très souvent à nos souvenirs d’enfant.

Son travail est :  ni de l’illustration,  ni du graphisme, peut-être un autre moyen d’écrire des poèmes.

 

Ses dessins sont comme des maisons avec, garage, rempli d’objets divers, dans lequel un personnage, à qui il manque nécessairement quelque chose, fabrique, répare, invente, crée, imagine des outils et stratégies pour mieux sourire à la vie.

On y parle une langue poétique et imagée. Ses personnages drôles, même si le propos est parfois grave,  finissent toujours par « lever la tête », apaisés, à l’image du tournesol qui a enfin trouvé le soleil. Aux tonalités douces et colorées, non dénuées d’humour, ses histoires et ses dessins parlent avec tendresse, de la vie quand elle nous déconcerte.

Charmée depuis toujours par la littérature jeunesse qui présente des publications aux graphismes originaux,  elle éprouve  le besoin d’illustrer ses histoires. Enrichissant son univers, le dessin, vient étayer le texte et permet d’ouvrir un espace plus étendu pour exprimer tous les coloris de son imaginaire.

 

 

Elle s’intéresse aux arts comme le  trait du crayon qui patine le sujet avec espoir. Après des études supérieures en communication à l’Université d’Ottawa, elle bifurque vers le théâtre en participant aux ateliers du Théâtre Jules-Julien, à partir de 1998, tout en effectuant plusieurs stages au Bataclown. En 2003, elle se joint à la troupe « L’Atelier du Dimanche» dirigée par Caroline Bertran-Hours et dessine, dessine… Elle joue actuellement, dans la pièce « Donc  » de Jean-Yves PICQ, mise en scène par Max Henry, qu’elle a  illustrée, voir pièces jointes.

 

 

Laissez-vous emporter par ses dessins imbriqués les uns dans les autres et l’inventivité de ses personnages.

Il y a toujours pour elle un jardin quelque part. Originaire du Québec, elle est une « déplacée volontaire ». L’amour fut un facteur important sur la route qui menait à ses rêves d’expatriée. Fille de la nordicité, elle a quitté un jardin d’hiver pour un jardin d’été. Elle a fait le trajet en sens inverse de ses ancêtres normands, calaisiens et franciliens qui, au XVIIe siècle, se sont établis en Nouvelle-France et ont conservé un peu de la truculence de la langue du terroir.
Quand elle m’écrit, en septembre 2014 : « aujourd’hui, j’ai cueilli des figues », je sais qu’elle se promène dans un jardin qui n’est pas d’ici. Ce fruit est frileux chez nous. On le cultive en serre, à l’abri du froid. À y regarder par ce biais, son art reflète l’écartèlement entre deux saisons extrêmes. La simplicité du dessin suggère un gribouillis d’enfant et sous-tend l’inachèvement ou la peur d’atteindre à l’achèvement. Sa prédilection pour les gros plans atomise parfois le sujet. De plus, les grosses têtes ballonnées de ses dessins, malgré leur air ingénu, cachent souvent des pleurs en arrière des yeux. Quoi qu’il en soit, chez elle, comme pour le figuier, la fleur loge à l’intérieur du fruit. L’œuvre occulte celle qui l’a produite. La dessinatrice épie le monde, d’une certaine façon, sans bien se sentir tout à fait à sa place où qu’elle soit.
Si la conteuse satisfait un désir de revivification du temps inaugural qui rend contemporains ses ancêtres et aussi l’enfance, en revanche, la comédienne regarde ailleurs. Parisienne, puis Montpelliéraine et, maintenant, Estrétefontaine dans le pays toulousain, cette diplômée en communication de l’Université d’Ottawa tourne le dos à son champ d’études pour monter sur les planches. Elle tient des rôles dans des pièces de dramaturges contemporains (Hermann, Gombrowicz, Picq, etc.) En somme, faire passer ce qui est nommé et classé, dans la langue du corps, c’est peut-être ce qui unit tous ses modes d’expression, de l’art à la pratique du vélo et de la danse, tant ses intérêts ne sont jamais exclusifs. D’autant plus que comédienne et conteuse qui écrit aussi des petits récits, elle ne résiste jamais à défricher, à ensemencer et cultiver un nouveau jardin insolite. À preuve, ces tableaux et photographies de Bruno Seigle, Dominique Roux, Jacqueline Sacré et Adrien Basse-Cathalinat présentés à travers des contes originaux, entreprise plutôt inédite.
Cela étant dit, ses dessins minimalistes, ce sont les connaisseurs qui ont voulu les mettre en lumière. Ils y ont décelé une signature, un style fidèle à lui-même. C’est dans l’effraction de la déchirure qu’elle a commencé ses « griffonnages clandestins ». Les besoins médicaux d’une personne qui lui est chère, les longues attentes, les suivis fréquents, elle les a vécus armée de son petit carnet noir et de ses crayons. La valeur des choses n’est pas dans la durée, mais dans l’intensité où elles arrivent. Oui, il y a toujours pour elle un jardin quelque part. Et là où creuse l’artiste, la figue traverse l’hiver à l’air libre.

Jocelyne Felx

Canada – Toulouse – Balma – Pibrac